2005 : L’année où j’ai vraiment commencé. L’année a démarré comme à l’habitude : janvier consacré à la course, avec quelques fenêtres pour le vélo quand les températures le permettaient. Et elles l’ont permis, parfois même en janvier. Mais vers la fin du mois, les vrais froids sont arrivés. Certains matins, j’ai noté -5, parfois -9 degrés. De la neige, du verglas. On s’adapte, ou on reste chez soi.
Ce que ces conditions ont de particulier, c’est qu’elles produisent aussi certains des paysages les plus saisissants. Les arbres givrés sur certains tronçons du parcours. Aujourd’hui encore, cette image m’arrête. Les arbres nus en hiver ont quelque chose que je ne saurais pas bien expliquer, mais qui m’apaise.
Un adversaire que l’on ne voit pas venir
Février m’a réservé une première : la pluie verglacçante. Je l’ai rencontrée deux fois ce mois-là. Les deux fois, heureusement, elle a commencé à tomber pendant que j’étais déjà dehors, ce qui m’a permis de rentrer avant que les routes ne deviennent de véritables patinoires. Si elle avait commencé avant mon départ, je serais resté à la maison.
Il n’existe presque pas de technique pour courir sous la pluie verglacçante. Avec les années, j’ai trouvé quelques repères : courir sur la bande herbeuse quand c’est possible, ou sur le gravier, là où la chaussure trouve quelque chose pour s’accrocher. L’asphalte, lui, devient un miroir. Cela ne vaut pas le risque d’une vraie chute.
Le genou, la patience, et le retour
Mars avait encore ses matins à -8 degrés. J’attendais le printemps, et le printemps est finalement arrivé. Avec lui, le vélo a naturellement repris de la place, comme chaque année. Mais j’ai tenu un plancher : une ou deux sorties par semaine, au minimum, tout l’été.
Après les problèmes de genou de deux ans auparavant, j’avais passé près de deux ans à reconstruire progressivement. En mai, j’en étais à sept kilomètres. Puis huit. Dans la deuxième moitié d’août, dix kilomètres étaient devenus la distance normale. Parfois un peu plus, sans que le genou ne proteste.
Vingt kilomètres
Octobre. Une connaissance que j’ai croisée venait de finir un marathon quelques jours plus tôt. Sur le moment, cela me semblait presque inaccessible. Mais je suis reparti de cette conversation avec quelque chose d’all umé en moi, et la décision de courir “quelque chose de long”.
Les premiers jours du mois, un après-midi où j’étais libre, les conditions étaient idéales : 19 degrés, un peu couvert. J’ai terminé mes dix kilomètres habituels, et au lieu de rentrer, je me suis retourné et j’ai recommencé. L’idée : continuer jusqu’à sentir la fatigue, puis faire demi-tour. Mon émission de radio préférée passait, le programme était intéressant, et je n’ai presque pas vu le temps passer.
Je suis rentré chez moi. J’avais fait le tour deux fois.
Le lendemain, j’ai senti mes jambes. Mais j’étais heureux. Vingt kilomètres. Trois ans plus tôt, je n’aurais pas pu courir le centime d’une telle distance sans m’arrêter. Ce chiffre avait un poids particulier.
Construire enfin une vraie base
Après ça, onze à treize kilomètres sont devenus la distance régulière. Des sorties plus courtes arrivaient encore quand le temps manquait. Plus tard, j’aurais l’impression qu’en dessous de dix kilomètres, je m’étais arrêté en route. Mais ce sentiment a mis du temps à s’installer.
Novembre : 17 sorties. Décembre : 20 sorties, dont un deuxième vingt kilomètres. Les congés, pour moi, ne signifiaient pas le repos au sens où l’entendent beaucoup de gens. Ils signifiaient le temps de courir. Les deux jours de Noël. Le 31 décembre.
Décembre a été mon meilleur mois jusqu’alors. Vingt sorties. Et pour la première fois : plus de 200 kilomètres en un seul mois. Ce chiffre comptait pour moi. Il marquait quelque chose.
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2005 : 146 sorties / 1 178 km / moyenne 8 km par sortie
Depuis 2002 : 368 sorties / 2 357 km

